3ème étape
La Carte Mobilité Inclusion (CMI)
La Carte Mobilité Inclusion (CMI) remplace progressivement les anciennes cartes d’invalidité, de priorité et de stationnement. En service depuis le 1ᵉʳ janvier 2017, elle est sécurisée, infalsifiable et délivrée au format carte bancaire. Elle existe sous trois mentions — invalidité, priorité et stationnement — chacune correspondant à des besoins particuliers.
Les droits associés et les conditions d’attribution restent identiques à ceux des anciennes cartes. Si vous détenez encore ces anciennes versions, vous pouvez les utiliser jusqu’à leur date d’expiration et, dans tous les cas, jusqu’au 31 décembre 2026.
La CMI « priorité »
La CMI priorité peut être utile lorsque la station debout prolongée devient difficile ou fatigante. Elle est souvent adaptée aux stades précoces ou intermédiaires des maladies neuro-évolutives, lorsque les troubles existent déjà mais que le taux d’incapacité n’atteint pas encore 80 %.
Elle permet d’obtenir un accès prioritaire dans les files d’attente, les transports et certains services, ce qui peut alléger des situations du quotidien qui deviennent parfois éprouvantes.
La CMI « stationnement »
La CMI stationnement s’adresse aux personnes qui rencontrent des difficultés importantes dans leurs déplacements ou qui ont besoin d’être accompagnées régulièrement. Elle autorise le stationnement gratuit, souvent sans limitation de durée, sur les places ouvertes au public et les places réservées aux personnes handicapées. Elle est valable dans toute l’Union européenne.
Pour les personnes vivant avec une maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée, cette carte peut faciliter les sorties et les rendez-vous médicaux en réduisant les distances à parcourir et en sécurisant les trajets.
La CMI stationnement est attachée à la personne malade et non au véhicule, ses aidants peuvent l’utiliser lorsqu’ils l’accompagnent. Cette simple possibilité rend souvent les déplacements plus sereins et moins fatigants.
La CMI « invalidité »
La CMI invalidité est attribuée lorsque la personne présente un taux d’incapacité d’au moins 80 %, lorsqu’elle perçoit une pension d’invalidité de troisième catégorie ou lorsque son dossier d’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) le justifie. Il n’existe aucune condition d’âge ni de ressources. La demande peut être effectuée dès le diagnostic si les limitations sont déjà importantes, ou plus tard, selon l’évolution de la maladie.
Le médecin peut aussi ajouter la mention « besoin d’accompagnement » s’il existe une nécessité d’aide humaine régulière.
La CMI invalidité ouvre les droits les plus étendus. Elle permet d’obtenir une demi-part fiscale supplémentaire, l’exonération de certaines cotisations pour l’emploi d’une aide à domicile et un accès facilité à certains services et transports adaptés.
Elle joue aussi un rôle majeur pour les aidants. De nombreux dispositifs, tels que le congé de proche aidant, l’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA), certaines solutions de répit ou d’accompagnement, s’appuient sur la CMI invalidité pour justifier l’ouverture des droits.
Obtenir cette carte facilite donc les démarches de l’aidant autant que celles de la personne malade.
Démarches
La demande de CMI s’effectue auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH), à l’aide d’un dossier comprenant le formulaire officiel et un certificat médical de moins de 6 mois. Le certificat médical doit être particulièrement précis. Il est essentiel qu’y figurent clairement le diagnostic, par exemple : maladie d’Alzheimer, maladie à corps de Lewy, démence fronto-temporale.
Il doit également renseigner les conséquences concrètes de la maladie sur la vie quotidienne : fatigabilité, désorientation, besoin d’accompagnement, difficultés à se déplacer, nécessité d’une présence régulière. Des formulations trop générales comme « troubles cognitifs » peuvent conduire à un refus, car elles ne rendent pas compte de la réalité de la maladie.
Lorsque la personne est déjà bénéficiaire de l’APA en GIR 1 ou 2, la CMI invalidité est attribuée automatiquement, sans qu’il soit nécessaire de constituer un nouveau dossier.
Après dépôt de la demande, la MDPH peut solliciter des informations complémentaires ou proposer une évaluation supplémentaire. La décision est ensuite adressée par courrier. En cas de refus ou si la mention accordée ne correspond pas à la situation, un recours est possible.
Une fois accordée, la carte est fabriquée et envoyée par l’Imprimerie Nationale : cette étape peut prendre plusieurs semaines, ce qui est normal.
Nos conseils
Beaucoup de familles découvrent l’existence de la CMI tardivement, alors qu’elle peut alléger de nombreuses situations du quotidien. Dès que les critères sont réunis, il est utile d’en faire la demande afin d’ouvrir rapidement les droits de la personne malade et ceux de ses aidants.
Le certificat médical est un élément clé : il doit refléter fidèlement la maladie, ses symptômes et leur impact réel. Prendre le temps d’en discuter avec le médecin permet souvent d’éviter un refus lié à un descriptif trop imprécis.
Lorsque la fatigabilité augmente ou que l’instabilité se renforce, la CMI priorité peut rendre certains environnements plus accessibles, en limitant les situations d’attente difficiles.
Même lorsque la personne ne conduit plus, la CMI stationnement est très utile. Parce qu’elle est attachée à la personne, ses aidants peuvent l’utiliser en l’accompagnant. Cela réduit les distances à parcourir, limite la fatigue et rend les sorties beaucoup plus simples et plus sûres.
Enfin, lorsque le taux d’incapacité atteint 80 %, la CMI invalidité ouvre un ensemble très large de droits, tant pour la personne malade que pour ses proches aidants. C’est souvent une étape importante dans le parcours des familles, car elle reconnaît officiellement la maladie.