1ère étape
Les premiers signes de la maladie peuvent être difficiles à identifier. Ils prennent souvent la forme de petits changements progressifs : une perte de la notion du temps, des oublis d’événements récents, des difficultés à retrouver des mots simples, des changements d’humeur ou encore une moindre reconnaissance de certaines personnes. Face à ces signes, une question revient souvent : s’agit-il du vieillissement normal ou des prémices d’une maladie ?
Des troubles de la mémoire caractéristiques
Dans la maladie d’Alzheimer, les premiers signes concernent fréquemment la mémoire des événements récents. La personne peut avoir du mal à se souvenir de ce qui s’est passé dans les heures ou les jours précédents, oublier des rendez-vous ou éprouver des difficultés à mémoriser de nouvelles informations.
Ces troubles sont différents de l’oubli habituel lié à l’âge : ils persistent, s’aggravent avec le temps et retentissent sur le quotidien.
D’autres signes peuvent apparaître précocement
Dès les premières phases, ou parfois avant même que les troubles de la mémoire ne soient visibles, d’autres changements peuvent être observés. Il peut s’agir de difficultés à trouver ses mots ou à suivre une conversation, de troubles du raisonnement ou de la planification (faire les courses, cuisiner, gérer son budget, prendre ses médicaments), ou encore de modifications de l’humeur, comme une anxiété inhabituelle, une irritabilité, un repli sur soi ou une perte d’initiative.
Ces signes prennent tout leur sens lorsqu’ils traduisent un changement notable par rapport aux capacités antérieures de la personne. Par exemple, une difficulté d’orientation n’est pertinente que si la personne était auparavant à l’aise dans ses déplacements.
Des signes à prendre au sérieux, sans poser de diagnostic seul
Lorsque ces difficultés deviennent fréquentes et qu’elles ont un impact sur la vie quotidienne de la personne ou de son entourage, elles doivent alerter. Pour autant, aucun de ces signes ne permet, à lui seul, de poser un diagnostic. De nombreuses causes, parfois réversibles, peuvent être à l’origine de troubles cognitifs (fatigue, dépression, carences vitaminiques, troubles hormonaux, effets secondaires de médicaments).
La première étape est donc d’en parler avec le médecin traitant. Il pourra réaliser des tests simples de premier niveau et décider, si nécessaire, d’une orientation vers un médecin spécialiste ou une consultation mémoire.
Nos conseils
Observer des changements chez un proche peut susciter beaucoup d’inquiétude, de doutes et parfois un sentiment d’impuissance. Il est normal de se poser des questions, de tâtonner et de ne pas savoir immédiatement comment agir. Prendre le temps d’observer, de parler et de comprendre fait déjà partie de l’accompagnement.
Engager une démarche auprès du médecin n’a pas pour but de poser une étiquette, mais d’essayer de mettre des mots sur ce qui est vécu et, lorsque c’est possible, de trouver des solutions pour améliorer le quotidien. Même lorsqu’un diagnostic n’est pas immédiatement posé, ces échanges permettent souvent d’être rassuré ou orienté vers un accompagnement adapté.
Vous n’avez pas à porter ces inquiétudes seul. Parler de vos doutes à un professionnel, à un proche ou à une association peut aider à prendre du recul et à avancer pas à pas. Les associations France Alzheimer sont là pour vous écouter, vous informer et vous accompagner, dès les premiers questionnements, avant même que des réponses médicales définitives ne soient apportées.
Reconnaître ses inquiétudes et demander de l’aide n’est jamais un signe de faiblesse, c’est au contraire une manière de prendre soin de son proche… et de soi-même.