Droits des aidants

La retraite à taux plein dès 65 ans pour les aidants familiaux de personnes handicapées

Certaines personnes ayant accompagné durablement un enfant ou un proche en situation de handicap peuvent bénéficier d’un départ à la retraite à taux plein dès 65 ans, même si elles n’ont pas validé tous les trimestres requis. Cette mesure reconnaît l’impact du rôle d’aidant, souvent assumé au détriment de la carrière professionnelle.
 

Qui peut en bénéficier ?

Peut être considéré comme aidant l’un des membres de la famille apportant une aide régulière et non professionnelle, ou la tierce personne rémunérée dans le cadre de l’allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP).
Le dispositif s’applique lorsque la personne aidée a bénéficié de la Prestation de compensation du handicap (PCH) ou, plus rarement aujourd’hui, de l’Allocation compensatrice pour tierce personne qui n’est plus attribuée depuis le 1er janvier 2006. L’aide apportée doit avoir été suffisamment importante et durable pour avoir eu un impact sur le parcours professionnel de l’aidant.
 

Durée minimale d’aide : 30 mois consécutifs

Pour bénéficier du taux plein dès 65 ans, l’aidant doit avoir interrompu ou réduit son activité professionnelle pendant au moins trente mois consécutifs pour soutenir la personne handicapée. Cette durée, prévue par la réglementation, constitue une condition essentielle.
Il n’est pas exigé que l’activité ait cessé totalement. Une réduction du temps de travail, un temps partiel subi, des périodes d’inactivité ou des aménagements répétés peuvent suffire dès lors qu’ils sont directement liés au rôle d’aidant.
 

Conditions d’activité professionnelle

Le dispositif ne repose pas sur un arrêt total de travail. L’aidant peut avoir continué à exercer une activité salariée ou indépendante. Ce qui est apprécié, c’est la continuité de l’aide pendant trente mois et ses effets concrets sur la carrière, par exemple l’impossibilité de maintenir un temps plein, l’obligation d’adapter son rythme ou l’existence de périodes non travaillées liées au soutien apporté au proche en situation de handicap.
 

À quelles conditions l’âge du taux plein est-il accordé ?

Lorsque la durée minimale de trente mois est établie et que l’aide apportée a effectivement entraîné une réduction ou une interruption de l’activité, l’âge du taux plein est automatiquement ramené à 65 ans. Cette mesure permet d’éviter une décote et d’assurer une retraite plus favorable malgré une carrière incomplète.
 

Comment faire la demande ?

La demande est adressée à l’assurance retraite lors de la préparation du départ.
L’aidant doit fournir les documents attestant que la personne aidée bénéficiait de la PCH ou de l’ACTP, ainsi que les pièces démontrant la réalité, la durée et la continuité de l’aide apportée. Il doit également présenter les éléments établissant l’impact de cette période sur son activité professionnelle.
La caisse examine alors l’ensemble du parcours pour confirmer l’ouverture du droit au taux plein dès 65 ans.

France Alzheimer

Nos conseils

Ce dispositif peut être particulièrement précieux pour les aidants qui ont consacré plusieurs années à soutenir un proche, parfois au détriment de leurs perspectives professionnelles. Il limite les pertes financières et valorise cet engagement.
 

Il est recommandé d’anticiper la demande, de conserver les justificatifs permettant de reconstituer la période d’aide et, si besoin, de solliciter un accompagnement.
 

Les services sociaux, les points d’accès au droit ou les associations France Alzheimer peuvent aider à préparer sereinement les démarches.