Aides financières
Le passage à la retraite constitue une étape majeure, particulièrement pour les personnes confrontées à la maladie, au handicap ou à une invalidité. Selon la situation personnelle, différents dispositifs permettent un départ anticipé ou un départ sans décote. Anticiper les démarches est essentiel afin d’éviter toute rupture de ressources et de sécuriser la transition.
La retraite anticipée des personnes en situation de handicap
Les personnes en situation de handicap peuvent, sous certaines conditions, partir à la retraite avant l’âge légal, dès 55 ans, sans application de décote.
Sont concernées :
- les personnes justifiant d’un taux d’incapacité permanente d’au moins 50 %, reconnu par la CDAPH ;
- les personnes titulaires d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) pour des périodes antérieures au 1ᵉʳ janvier 2016.
L’accès à cette retraite anticipée est soumis à une double condition de durée d’assurance vieillesse :
- une durée totale d’assurance tous régimes confondus ;
- une durée cotisée minimale pendant les périodes de reconnaissance du handicap.
Ces durées varient selon l’année de naissance et l’âge de départ envisagé.
Lorsque la durée d’assurance est atteinte mais qu’il est impossible de produire des justificatifs sur certaines périodes anciennes, une validation reste possible uniquement pour les personnes présentant un taux d’incapacité d’au moins 80 %.
Démarche
La demande doit être déposée auprès de la CARSAT (ou de la caisse compétente) quatre à six mois avant la date de départ souhaitée, accompagnée notamment des notifications MDPH et des justificatifs de carrière.
La retraite pour inaptitude au travail (invalidité ou état de santé)
Depuis la réforme des retraites de 2023, la retraite pour inaptitude au travail peut être liquidée à compter de 62 ans, au taux plein de 50 %, sans condition de durée d’assurance.
Ce dispositif concerne notamment :
- les titulaires d’une pension d’invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie ;
- les personnes dont l’inaptitude au travail est médicalement reconnue, y compris celles qui sont encore en arrêt de travail à l’âge légal de la retraite.
1/ La personne en arrêt de travail à 62 ans
Lorsqu’une personne est toujours en arrêt de travail à l’approche ou à l’atteinte de l’âge légal de 62 ans, le médecin-conseil de l’Assurance maladie peut évaluer la situation médicale.
Si l’état de santé est considéré comme stabilisé et incompatible avec une reprise d’activité, le médecin-conseil peut :
- mettre fin au versement des indemnités journalières, et
- orienter la personne vers une liquidation de la retraite pour inaptitude au travail.
Cette reconnaissance permet un départ à la retraite sans décote, même en l’absence du nombre de trimestres requis, et sécurise les droits sociaux à l’âge légal.
2/ La personne en invalidité
Lorsqu’une personne perçoit une pension d’invalidité, celle-ci est en principe transformée automatiquement en pension de retraite pour inaptitude à compter de 62 ans.
Toutefois, si la personne continue à exercer une activité professionnelle et demande expressément à différer la liquidation de sa retraite, la pension d’invalidité peut être maintenue jusqu’à l’âge du taux plein automatique, fixé à 67 ans.
Cette possibilité est indépendante de la reconnaissance d’un handicap.
La retraite pour inaptitude présente un double intérêt : elle garantit un départ au taux plein malgré une carrière incomplète et permet le maintien de certains droits liés à la dépendance, tels que la majoration pour tierce personne (MTP), la prestation complémentaire pour recours à une tierce personne (PCRTP) et, sous conditions, la prestation de compensation du handicap (PCH).
La retraite pour incapacité permanente (accident du travail ou maladie professionnelle)
Les personnes présentant une incapacité permanente résultant d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle peuvent partir à la retraite à compter de 60 ans, au taux plein, quelle que soit la durée d’assurance, sous réserve d’atteindre les seuils réglementaires d’incapacité.
Pour les personnes encore en activité, il est recommandé d’engager les démarches plusieurs mois avant l’âge de départ, auprès de la caisse de retraite. Une expertise médicale peut être sollicitée afin de valider l’ouverture du droit.
Le maintien de l’AAH après l’âge de la retraite
Certaines personnes peuvent continuer à percevoir l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) après l’âge légal de départ à la retraite.
C’est le cas des personnes dont le taux d’incapacité permanente est au moins égal à 80 %, tel que reconnu par la CDAPH.
Dans cette situation, l’AAH peut être maintenue au-delà de 62 ans, sous forme d’une AAH différentielle, lorsque le montant de la retraite perçue est inférieur au plafond de l’AAH.
En revanche, lorsque le taux d’incapacité est inférieur à 80 %, l’AAH prend fin à l’âge légal de la retraite. La personne relève alors exclusivement du régime de retraite. Dans ce cas, d’autres dispositifs comme l’ASPA peuvent être envisagés.
Les personnes disposant de faibles ressources
Les personnes âgées percevant une retraite modeste peuvent demander l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), destinée à garantir un niveau minimal de ressources. Cette allocation est attribuée sous conditions de ressources et fait l’objet d’une demande spécifique.
Nos conseils
Le passage à la retraite ne se résume pas à une date : c’est souvent une étape chargée d’inquiétudes, en particulier lorsque la maladie, le handicap ou une perte d’autonomie sont déjà présents. Prendre le temps d’anticiper permet d’éviter une rupture de revenus et de traverser ce moment avec davantage de sérénité.
À partir de 62 ans, certaines prestations évoluent ou prennent fin : l’AAH, la pension d’invalidité ou les indemnités journalières peuvent être remplacées par une pension de retraite, parfois automatiquement. Selon le taux d’incapacité reconnu, l’AAH peut toutefois être maintenue en complément de la retraite, ou au contraire s’interrompre définitivement. Ces différences peuvent avoir un impact important sur les ressources du foyer.
Pour les personnes encore en arrêt de travail à l’âge de la retraite, une décision médicale peut également intervenir. Le médecin-conseil peut considérer que l’état de santé est stabilisé et orienter vers une retraite pour inaptitude, au taux plein, sans pénalisation liée au nombre de trimestres. Là encore, être informé en amont permet de mieux comprendre ce qui se joue et d’y être préparé.
Anticiper, c’est aussi se donner la possibilité de faire des choix éclairés : vérifier ses droits, préparer les démarches, et ne pas rester seul face à des décisions complexes. Les caisses de retraite, les services sociaux et les associations spécialisées, comme France Alzheimer, sont là pour accompagner chacun, à son rythme, et dans le respect de sa situation.
Se faire aider, c’est déjà prendre soin de soi et de ses proches.