Aides financières

La prestation de compensation du handicap

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Lorsque la maladie avance et que les gestes du quotidien deviennent plus difficiles, certaines dépenses s’ajoutent : besoin d’aide pour la toilette, la préparation des repas, surveillance pour éviter les dangers, achat d’aides techniques, adaptation du logement…
La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) est une aide financière destinée à compenser ces besoins de manière individualisée. Elle peut être attribuée que la personne vive à domicile ou en établissement, et elle allège concrètement le quotidien de la personne et de ses proches.
 

Qui peut bénéficier de la PCH ?

L’aide est ouverte indépendamment des revenus : seules quelques ressources sont prises en compte, ce qui permet à beaucoup de personnes vivant avec une maladie d’Alzheimer précoce d’y avoir droit.
 
La PCH est accordée lorsque le handicap entraîne des difficultés importantes dans les activités essentielles de la vie quotidienne. Elle peut être demandée si la personne présente une difficulté absolue pour accomplir seule une activité (comme se déplacer, assurer son hygiène, communiquer, s’orienter) ou une difficulté grave pour au moins deux activités.
L’aide est ouverte indépendamment des revenus : seules quelques ressources sont prises en compte, ce qui permet à beaucoup de jeunes malades Alzheimer d’y avoir droit.
 
À savoir :

  • difficulté absolue, c’est-à-dire que l’activité ne peut pas être réaliser du tout
  • difficulté grave, c’est-à-dire que l’activité est réalisable mais avec une difficulté importante, un résultat incomplet ou avec un risque pour la sécurité.

 

Conditions d’âge

La demande peut être déposée jusqu’à 60 ans.
 
Au-delà, la PCH reste accessible dans trois situations :

  • si la personne en bénéficiait déjà avant ses 60 ans et continue d’en remplir les conditions ;
  • si elle est encore en activité professionnelle, quel qu’en soit le rythme ;
  • si elle a moins de 75 ans et que le handicap remplissait déjà les critères d’ouverture avant 60 ans.

Ces règles permettent aux personnes touchées par une maladie neuro-évolutive précoce de ne pas perdre leurs droits du seul fait de l’âge.
 

Conditions de résidence

La PCH est accessible si la personne :

  • réside en France ou dans certains pays limitrophes (Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse, Italie, Espagne) avec une orientation CDAPH valable 1 à 5 ans ;
  • est en établissement médico-social, à l’hôpital ou en soins de suite.

Les personnes étrangères doivent disposer d’un titre de séjour valide.
 

Ce que la PCH peut financer

L’évaluation est réalisée par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH, souvent à domicile, pour comprendre les besoins réels et proposer un plan d’aide adapté.
 
Elle peut financer :

  • L’aide humaine : Intervention d’un service prestataire ou mandataire, emploi direct, ou dédommagement d’un aidant familial. Pour le conjoint, partenaire de PACS ou concubin, la règle générale est le “dédommagement” et non le salariat ; une dérogation peut cependant être accordée par la CDAPH lorsque la situation le justifie.
    Le “dédommagement” n’est pas considéré comme un salaire : il n’est pas imposable et n’ouvre pas de droits à la retraite.
  • Les aides techniques : Fauteuil roulant, lit médicalisé, lève-personne, matériel de sécurité…
  • Les aménagements du logement ou du véhicule : Adaptation de la salle de bain, installation de barres d’appui, modification du véhicule, ou prise en charge de surcoûts de transport.
  • Les charges spécifiques ou exceptionnelles : Téléassistance, protections absorbantes, matériel spécialisé, dépenses ponctuelles essentielles.
  • L’aide animalière : Pour les personnes nécessitant un chien guide ou un chien d’assistance.

Dans certains départements, la PCH peut être versée directement en nature (tiers payant), évitant d’avancer les frais.
À noter : un complément « PCH parentalité » peut être accordé dans des situations spécifiques (enfants de moins de 7 ans).
 

Faire la demande : mode d’emploi

Le dossier se dépose auprès de la MDPH. Il comprend le formulaire, un certificat médical récent (moins de 6 mois), les justificatifs utiles et les devis obligatoires pour les aides techniques ou les travaux.
 
Pour les aides techniques ou les travaux, il est indispensable de joindre des devis, sans cela, la MDPH ne peut pas instruire la demande et aucun remboursement ne sera possible après coup.
 
L’équipe pluridisciplinaire peut se déplacer au domicile pour réaliser une évaluation complète. Un plan personnalisé de compensation est ensuite proposé, et la personne dispose de quinze jours pour faire part de ses observations.
La décision appartient à la CDAPH. Les délais de traitement sont souvent longs : quatre mois au minimum, et parfois davantage. Il faut donc anticiper.
 
La durée d’attribution dépend de la nature de l’aide : certaines sont accordées pour deux à cinq ans, d’autres jusqu’à dix ans. Les renouvellements doivent être demandés six mois avant la fin des droits.
 
Important : pour l’aide humaine, conserver les attestations mensuelles d’heures effectuées. Elles peuvent être demandées lors d’un contrôle ou d’un renouvellement
 

Quels cumuls avec la PCH

  • PCH et MTP (pension d’invalidité) : La PCH peut se cumuler avec la Majoration pour Tierce Personne. La MDPH ajuste alors le montant de la PCH pour éviter une double prise en charge de l’aide humaine. Le cumul reste possible, mais le montant final dépend des besoins reconnus.
  • PCH et AAH : La PCH est pleinement cumulable avec l’AAH.
    Elle n’est jamais considérée comme un revenu pour la personne en situation de handicap.
  • PCH et APA : Pas de cumul : après 60 ans, c’est l’une ou l’autre. La personne peut choisir de conserver la PCH si elle y avait droit avant 60 ans ou si elle est encore en activité professionnelle.

 

France Alzheimer

Nos conseils

La PCH peut devenir un véritable soutien lorsque la maladie commence à modifier le quotidien. Lorsque la personne est encore en capacité de le faire, anticiper la demande permet de garder la main sur ses choix, d’exprimer clairement ce dont elle a besoin et de participer pleinement à l’évaluation. C’est une façon de rester actrice de son parcours, d’éviter d’être « débordée » par la perte d’autonomie et de choisir le type d’aide qui lui convient.
 
Pour le proche aidant, la démarche peut représenter un soulagement important. La PCH ne remplace pas sa présence mais elle évite que tout repose sur lui : un peu plus d’aide humaine, du matériel mieux adapté, des aménagements sécurisants… autant d’éléments qui permettent de préserver l’équilibre du foyer et d’éviter l’épuisement.
 
Il est utile de faire la demande dès que les critères d’âge sont remplis, car les délais MDPH sont souvent longs. Décrire la réalité sans la minimiser est essentiel : la fatigabilité, les troubles cognitifs, les moments d’incompréhension, les risques de chute ou d’errance, la charge d’aide quotidienne… Ces éléments sont des informations précieuses pour construire un plan d’aide adapté.
 
Le médecin traitant, l’équipe mémoire, un travailleur social, ainsi que les CCAS ou les associations comme France Alzheimer, peuvent vous accompagner pour formuler les besoins et constituer un dossier solide.
 
Demander la PCH n’est jamais un renoncement : c’est un moyen de sécuriser la vie quotidienne, d’alléger la charge des proches et de maintenir le plus longtemps possible un cadre de vie adapté et rassurant.