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Les limites de l'accompagnement à domicile

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Le maintien à domicile est dans la grande majorité des cas la solution privilégiée par les proches pour accompagner une personne atteinte de maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée.

 

Le médecin traitant joue un rôle majeur pour organiser l’accompagnement à domicile  en orchestrant les interventions de différents professionnels : orthophoniste, kinésithérapeute, infirmier(ère), Équipe spécialisée Alzheimerergothérapeute, etc. De plus, les services de soins et de maintien à domicile vont aider aux actes de la vie quotidienne et compléter l’action de l’aidant familial en intervenant pour la toilette, les repas, les activités…Par ailleurs, des dispositifs comme les accueils de jour une ou plusieurs fois par semaine, permettent d’accorder du répit à l’aidant tout en offrant aux personnes malades accueillies des activités adaptées.

 

Mais, malgré tous les efforts qui peuvent être déployés, il existe des limites au maintien à domicile. D’une part, l’aggravation des troubles cognitifs ou comportementaux accélère la perte d’autonomie et exige alors un investissement physique et psychologique majeur de la part d’un conjoint, souvent lui-même âgé. Si la personne malade vit seule, la faiblesse du nombre d’heures par semaine financées par l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) pour l’intervention de professionnels au domicile ne permet en aucune façon de compenser les pertes de l’autonomie lorsque la maladie évolue. D’autre part, l’aidant familial se trouve confronté à ses propres difficultés de santé, physiques et/ou psychologiques, risquant de le conduire à un épuisement susceptible de dégrader fortement la relation affective, ou parfois même nécessitant sa propre hospitalisation. D’autres facteurs doivent également être pris en compte, par exemple le manque de disponibilité des professionnels ou l’insuffisante adaptation du domicile.

 

Si la personne vit seule, la limite est évidemment atteinte plus rapidement. Elle peut très vite se retrouver en situation de danger en dehors du passage des intervenants professionnels. Les risques sont en effet multiples : elle peut ingérer des aliments avariés ou des produits non comestibles, se brûler en ne sachant plus régler la température de l’eau ou en laissant les plaques de cuisson allumées, ou encore partir de chez elle sans pouvoir retrouver son chemin. Enfin, elle peut aussi ne pas être présente au moment du passage des intervenants  (elle n’a plus en mémoire les horaires de leur passage ou ne veut plus leur ouvrir la porte). Dans ce dernier cas, ce sont les professionnels eux-mêmes qui vont signifier les limites de l’accompagnement à domicile et la nécessité d’une entrée en établissement qui permettra à la personne malade de retrouver un cadre structurant et socialisant et de s’en trouver mieux.

France Alzheimer

Nos conseils

Reconnaître les limites de l’accompagnement à domicile ne doit pas s’accompagner d’un sentiment d’échec et/ou de culpabilité. Cette décision doit être prise en fonction des seuls besoins de la personne malade, lesquels nécessitent un accompagnement croissant que le domicile ne peut plus offrir à un moment donné. C’est évidemment une étape douloureuse à vivre car vous pouvez avoir l’impression d’abandonner votre proche. C’est la raison pour laquelle cette décision d’une entrée en établissement doit se faire de façon la plus collégiale possible; avec les autres membres de la famille et les professionnels impliqués. Anticiper cette étape va éviter des situations de crise ou de rupture qui seront de toute façon préjudiciables pour votre proche et pour vous-même.